Nocturne Matignon Saint Honoré, une soirée cinq étoiles
30.10.2025
Par Loris Aumaitre
Lundi soir, le 8e arrondissement de Paris a vécu un moment suspendu. Ce quartier, d'ordinaire si sobre et institutionnel, s'est transformé le temps d'une soirée en une fête à ciel ouvert pour célébrer le lancement de la Paris Art Week.
Sur invitation de l'association MaSH (Matignon Saint-Honoré), 37 galeries ont ouvert leurs portes jusqu'à tard dans la nuit pour marquer le coup d'envoi d'une des semaines les plus attendues du calendrier artistique parisien.
Et franchement, ce fut un sacré succès !
Dès 19h, la foule se masse au croisement Matignon Saint-Honoré ! Familles, collectionneurs, professionnels, touristes ou simples curieux : personne n'a boudé l'événement. L'ambiance est joyeuse, presque villageoise. Des enfants jouent avec des ballons géants « Art Week Paris » pendant que leurs parents déambulent, champagne et popcorn dans les mains, pour admirer les vitrines des galeries.
Au milieu de cette effervescence, la sublime performance de Yoann Bourgeois. Son show dicte le rythme de la soirée et le trampoline sur lequel il rebondit marque le centre du parcours.
Mon premier arrêt, Piasa ! Ici, on vous invite à gravir les étages dans une ambiance appartement chic qui vous isole du bruit de la rue. Arrivé en haut : moquette discrète, atmosphère feutrée. On se croirait chez un collectionneur. Le cadre intimiste est un écrin parfait pour une exposition de mobilier design signé Thierry Lemaire, présentée dans le cadre d'une vente aux enchères à venir. Pour le visiteur, une expérience apaisante et confidentielle.
De l’autre coté de la rue, changement total d’ambiance. Ce soir là, Sotheby’s déborde d'énergie. A tous les étages, l’agitation, la foule, les conversations, des toiles à plusieurs centaines de milliers d’euros… Le nouveau QG XXL du géant des enchères tout en recoins réserve des surprises à chaque détour. Mention spéciale pour un dessin de cariatide signé Modigliani qui m’a conquis . Il ne manquait qu'un DJ pour transformer le tout en boite de nuit.
Côté galeries, coup de cœur pour l’espace Dumas+Limbach, sans doute le spot le plus branché de la soirée : un saxophoniste joue en live dans un coin, l'ambiance jazzy apporte une touche cool à un accrochage foisonnant, presque saturé. On avance prudemment entre les œuvres pour ne rien abimer; au milieu de ce chaos maîtrisé, les toiles de Michel Macréau vibrent avec force.
Enfin, chez Mennour, l'accrochage minimaliste de Lee Ufan m'a beaucoup touché. Sobre, précis, en écho direct avec l'exposition Minimal à la Bourse de Commerce. L'espace est un peu resserré, mais l'intention curatoriale compense largement.
Et puis surtout, il y avait nous, les jeunes du marché de l'art, on étaient venus en bande ce soir là. Curieux, et heureux d’assister à cet événement si joyeux . On a observé, discuté, appris, échangé. Dans un climat de marché parfois incertain, des soirées comme celle-ci donnent envie d'y croire. Ce fut un moment généreux, vivant et ouvert. Il en faudrait plus.
Et si le 8e devient un village, alors oui, vivement le prochain marché !